Un projet a Agadir?

Alors un projet a Agadir?

Si le consulat crée un pôle d’aide & d’accompagnement aux futurs résidents non retraités, qu’il m’embauche!

Je précise non retraités, car je m’adresse bien aux actifs.

Je m’adresse à ceux qui quittent tout, bercés par la douce illusion qu’ici tout est facile, que l’ancien protectorat française les attend toujours les bras ouverts, que tout est à faire. Un ami m’a dit un jour « n’oublie jamais qu’ici tu n’es pas chez toi ». Simplement un fait, une réalité.

J’ai le discours déjà tout préparé, la fluidité des paroles. J’y tiendrai une diatribe avec pour objectif de leur donner tous les atouts pour réussir pleinement leur intégration. Des chapitres de vigilance et de prévoyance face à l’inconnu…

 Intro

Après les civilités d’usage et les phrases de bienvenue, je continuerai en parlant finances. Parce que ne nous voilons pas la face, nous venons tous pour ça. Outre le climat, la plage & les palmiers chacun pense vivre mieux ici qu’en France avec des revenus minimum. Croire que l’on cueille les dirhams sur les arbres à l’aéroport,  est un mirage dans un désert caniculaire! Croire que planter 1 dirham, vous donnera 3 dirhams de récolte est aussi un raisonnement simpliste. Oui beaucoup d’opportunités sont présentes! Oui Agadir est un vivier où planter son projet. Mais voyons, au même titre qu’un investisseur étranger naïf se fera plumer en France dû à méconnaissance du système & des mentalités, vous y aurez droit ici avec toute la convivialité chaleureuse entourant le cadeau.

En 5 ans le constat est là : je n’ai pas vu un investisseur étranger qui est devenu millionnaire ou même a gagné des sous. La vérité en coulisse est toute autre. La conclusion n’est pas « courage, fuyons! » Non. C’est tout simplement que pour gagner sa vie à Agadir, il faut déjà venir avec beaucoup d’argent. En premier lieu, l’administration est source quotidienne de blocages. Le temps ici n’a pas la même vigueur. Les minutes, les heures s’égrènent en prenant tout leur temps. Il faut donc déjà des sous pour attendre un quelconque papier.

Exemple? oui j’en ai des tas. Investissez dans un restaurant, un bar, un snack et vous attendrez votre licence d’alcool des mois durant… Et sans licence le CA peine à démarrer… Et derrière il faut assurer.

Je conclurai alors qu’il faut les reins solides pour s’assurer à terme d’un retour sur investissement. Et aussi les épaules solides pour encaisser dans un pays étranger toutes sortes d’imprévus non chiffrés.

 

Business plan

J’insisterai gentiment sur le protocole qui dit qu’en France une société est une réussite, ou considérée comme viable, quand elle a dépassé les 3 ans fatidiques où se mesurent sa capacité de trésorerie, sa rentabilité, son efficacité. Au Maroc le protocole n’est pas différent. Croire qu’ouvrir un établissement est gage de sous trépident en peu de temps est un leurre. Nous ne sommes pas dans une cours de récréation, ou dans un conte de fées, gardez la tête sur les épaules : vous restez dans un monde d’adultes où la gestion d’une entreprise est tout aussi risquée!

Agadir, tout ceux qui y vivent avec un tant soit peu d’honnêteté vous le diront, n’est pas une ville de consommation. Les berbère du Souss ne consomment pas. Ici la qualité ne se valorise pas. La création artistique ou intellectuel est difficile à imposer… & à facturer. Et ce n’est pas le pourcentage restant qui vous fera exploser votre chiffre journalier. Vous pourrez argumenter que le prix de votre croquant au chocolat est lié à la qualité des ingrédients, au beurre et chocolat (et non margarine et poudre), si vous en écoulez 3 dans la journée, estimez-vous béni des dieux! Mais cela ne couvrira pas les dépenses de cette dite journée.

Alors oui! créez un projet a Agadir, une entreprise, une agence, un établissement. Au contraire, oui!, faîtes vivre la ville! Mais avant tout, connaissez votre marché. L’erreur commune est de transposer nos critères de consommation européens sur un marché qui n’est pas européen & qui n’est pas marocain. Tous les marocains le disent : le Souss est à part au Maroc. Mentalité, culture, langue : tout est spécificités régionales. Tenez en compte! Exemple : les rues piétonnes. Une rue piétonne en Europe est gage d’activité économique. les gens marchent, les gens se baladent. A Agadir, seuls ceux qui n’ont pas de voiture marche… Et ce n’est pas un choix de vie de marcher au grand air, mais un manque de moyens.

Apprenez le marché, prospectez, ne créez pas en vous disant ça va marcher sans un étude au préalable. En France  c’est le BAba. Pourquoi ici faîtes vous différent? Parce que vous pensez que tout est facile. Et c’est là que vous vous plantez parce que vous n’êtes pas préparer à faire face ne serait-ce qu’au plus petit tracas.

Un projet à Agadir réussie est un projet réfléchi!

 Home plan

Je  leur répéterai avec simplicité que oui une bonne santé financière il faut avoir pour pallier à la période de transition. Effectivement avec un capital moindre l’accès à la propriété, à un commerce est plus aisé qu’en France. Maintenant levons le voile de l’appât. Gardez en mémoire que vous n’avez ni chômage, ni APL, ni aide à la création d’entreprise, ni statut d’auto-entrepreneur facilitant la vie dudit chef d’entreprise. Vous n’avez plus non plus de sécurité sociale gratuite et que celle-ci devient payante au travers d’assurances françaises, tel que la CFE aux cotisations élevées. Et si enfants il ya et que vous ne pouvez pas bénéficier d’une bourse auprès du consulat, prévoyez le budget éducation. L’école ici coûte très cher : comptez 5000Dh/enfant.

Enfin le logement. Soyons francs, nous ne quittons pas notre terre d’origine pour vivre en cité à l’étranger!  Donc, si vous ne souhaitez pas vivre en cage à poule dans certains quartiers champignons en périphérie de la ville, prévoyez la case loyer. Agadir, ville balnéaire en développement connaît la spéculation… souvent disproportionnée!

Cette liste ne se veut pas alarmiste sinon un simple pense-bête pour arriver avec un business plan & un « home plan »…

Une expatriation réussie est une expatriation réfléchie!

 On travail au Maroc!

Ah oui je soulignerai également avec humour que pensez venir travailler sans travailler est une douce lubie… Le Maroc est un pays du soleil mais non de fainéants. La réussite ne sied pas aux paresseux qui se dorent sur les terrasses de café à longueur de journée. Enfin vous apprendrez à vos dépends que oui c’est une formule qui fonctionne pour les gens du crus, des gens bien « placés », des gens qui ont un compte en banque fourni et une certaine jeunesse dorée (en petit nombre). Mais pas pour vous! Pour gagner des sous, travailler reste la première des conditions. Et ici plus qu’ailleurs. Pas de 35h, pas de 5 semaines de congés payés. Pas non plus de personnel à qui déléguer et laisser la caisse. C’est ainsi. Un fait.

Mais rien de plus agréable de travailler dans une ville en bord de mer, au soleil. Dès que vous sortez de l’espace taff et que vous mettez un pied sur l’asphalte, vous vous croyez en vacances et ça cela n’a pas de prix pour le moral!

 

S’intégrer à Agadir

Le thème de l’investissement abordé, passons au côté intégration sociale. Agadir est un petit village. Avec ses codes, ses vitrines sociales. Citadins préparez-vous. il y a 2 côtés à l’instar d’une pièce de monnaie.

Le côté face est le bon côté. Yes! Un petit village donne aussi la possibilité de connaître tout le monde et de vous faire un nom rapidement. Adieu l’anonymat, vive le devant de la scène. C’est génial. Tout est à dimension humaine. Le  bouche à oreille fonctionne mieux qu’une insertion publicitaire. Ca vaut pour votre activité. Ca vaut pour votre image perso. Soyez simplement préparés à quelques infructueuses relations et déconvenues affectives. Quand on est loin de chez soi, vivre à l’étranger redouble le besoin d’avoir des amis et un entourage avec lequel partager. Oui amusez-vous, vous êtes venus pour ça! Pour un cadre de vie ludique au soleil! Profitez de weekend en 4×4, de journées à la plage entouré de beaucoup de potes. Profitez aussi de toutes les animations nocturnes que la ville offre. Amusez-vous! Et ne vous aveuglez pas pour autant : croire à certaines amitiés est parfois pure tromperie. Prenez votre temps et ne vous emballez pas si vite. Un univers se construit petit à petit. Faîte le tri au fur & à mesure.

Qui dit petit village, dit ragots, dit sectarisme et groupuscules en tout genre, dit œillères. C’est le côté pile. Méfiez-vous de l’envie, de la jalousie  & de la superficialité qui parsèment le terrain…

Vous éviterez certaines erreurs de jugement qui risqueraient de vous laisser à terre. On se remet d’écueils professionnels. Beaucoup moins vite d’une peine de cœur…

Si vous suivez ces petites règles de bon sens, Agadir deviendra la cité où vos rêves peuvent devenir réalité. Cela a été pour moi. Alors pourquoi pas pour vous?
Article écrit par Greg, septembre 2009

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