Prise de conscience – Ouvrir un commerce au Maroc?

Derrière toute peur il y a un désir, une fois que tu as compris ça, tu n’as plus peur.

Partir au Maroc?

Le mercredi 15 mars 2005, alors que je me rendais chez Triptlantic à Orléans pour une série de tests en vue d’une potentielle embauche, j’ai téléphoné à Alice, ma mère.

Il était environ 8h30, j’étais en avance sur l’heure du rendez-vous. J’étais calme, sereine, et le fait d’avoir dormi à l’hôtel m’avait vraiment reposée.

Au cour de la conversation, Alice me demande de la rappeler dès que j’ai un moment car elle a à me parler. Je déteste que l’on dise ça, ça déconcentre ! Plutôt que de passer ma journée à y penser, j’ai préféré lui dire: j’ai 20 minutes, dis-moi !

Elle me demande ce que je pense du fait qu’elle aille vivre au Maroc à la retraite, pays où il fait beau toute l’année, où le SMIC est à 180 € et qui se trouve à seulement trois heures de Paris !

J’ai passé les entretiens en pensant à Alice et à la nouvelle vie qu’elle pourrait avoir.

Le soir même je la rappelais pour qu’elle me donne plus de détail sur son projet, elle paraissait contente que je m’y intéresse.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai commencé à faire des recherches sur le Maroc, sur les droits qu’elle y aurait, les appartements, le gouvernement, le tourisme et un tas de choses. J’ai pu m’apercevoir que sont idée était bonne. A priori beaucoup de retraités  en mal de vivre en France prenaient la décision d’aller s’installer dans ce pays où la culture et la richesse passée regorgent, et surtout où la vie est plus abordable qu’en France.

A force de recherche sur ce fabuleux pays, des idées on commencé à germer. A ce moment précis où ma mère me parle de partir vivre au Maroc, je suis en grande réflexion sur ma propre vie.

Je suis intérimaire chez Triptel où j’ai signé un contrat d’un an, voyant la fin du contrat approcher à grand pas, je commence à chercher un autre job un peu plus en cohérence avec mes études.

Autour de moi, j’ai mes amis, la famille et surtout l’amour. La seule chose qui me manque c’est un travail intéressant. Là ou le bas blesse, c’est que je m’aperçois que dans les grandes entreprises, il faut avoir les dents longues et qu’un des moyens pour y arriver, c’est d’écraser son voisin, ce n’est ni mon état d’esprit ni ma mentalité.

J’ai une vision bien à moi du travail. La part de notre vie dédiée à travailler est tellement importante qu’il n’est pas question de me lever tous les matins en disant : « je n’ai pas envie d’y aller ! ». J’ai toujours pensé qu’il fallait que je trouve un travail vraiment intéressant, sinon je risquais de passer ma vie à m’ennuyer.

Par ailleurs, nous sommes toute la journée hantés par la publicité qui attise nos désirs et nous force à assouvir nos besoins. Pour satisfaire ces besoins il faut bien gagner sa vie, le mot d’ordre et l’expression à la mode sont « être riche ». La publicité actuelle sur le Loto le démontre bien…

Dans ma réflexion, je me rends compte, que les choses vitales dont nous avons besoin sont de quoi s’habiller, un pantalon, une paire de chaussure, quelques t-shirts et pulls, pas plus, si ce n’est un blouson pour l’hiver et des dessous. Ensuite, il nous faut manger, alors si on est comme moi, on aime la bonne bouffe et le bon vin ! Mais si je vais tous les jours dans un restaurant gastronomique, à force je n’apprécie plus. La dernière chose vitale de mon point de vue, est l’amour. Tout le reste n’est que matériel et/ou superflue. Cela dit, je porte des Ray-Ban !

Aujourd’hui, je me dis que si le travail gouverne notre vie, ce qui à mon avis est le cas, alors autant que je sois au gouvernement de moi même!

C’est pour toutes ces raisons que je me suis intéressée au cas d’Alice et de son éventuelle installation au Maroc.

Je me suis d’abord demandé : pourquoi le Maroc ? La réponse est simple, la vie y est moins chère, il y a des retraités européens qui y vivent et il y fait beau toute l’année. Mais Alice dans tout ça ?, elle sera dans un pays ou il fait bon vivre certes, mais elle va y faire quoi ?

Prendre des cours de langue, de broderie, promener son chien, visiter ? Et ensuite ? Elle sera loin, ce n’est pas qu’elle ait des tonnes de famille et d’amis, mais quand même ! Ça m’inquiète un peu. Elle aurait pu dire qu’elle venait s’installer à Paris mais la vie est chère à Paris. Rester dans le sud dela France ? C’est déjà invivable!

Depuis l’âge de 12 ans je rêve d’avoir un hôtel restaurant. Cela m’est venu au cours d’un voyage avec Jean (mon père) et sa petite famille à Palmyre en Syrie. Nous logions dans un palace Hôtel. L’hôtel était un lieu lié au voyage, au bien être et à cet âge là, je le voyais comme un lieu de vie et de bonheur.

Pour satisfaire ce désir, je pensais faire un BTS tourisme après mon bac, une discussion avec mon père m’a dirigée vers une école de commerce, et pour cause, je ne voulais pas être employée dans un hôtel mais le gérer. Finalement la suite de mes études me dirigera dans une direction complètement différente…qui finalement ne me convient pas, j’en ai déjà parlé.

Ouvrir un commerce au Maroc?

Alors, j’ai réfléchis sur le sujet, j’en ai parlé autour de moi. Pourquoi ne pas ouvrir un commerce au Maroc, une maison d’hôte ? Un Bed & Breakfast ? Ce n’est pas que j’abandonne l’idée de l’hôtel c est surtout que j’imagine ne pas en avoir les moyens!

Un soir, Van & Yanes, un couple d’amis, sont venus dîner à la maison (maison = mon petit studio à Boulogne !), nous avons échangé sur le Maroc. Van & Yanes, qui me sont chers et proches, ont commencé à me parler des haciendas au Mexique qui avaient été acheté il y a quelques années par des investisseurs étrangers. Remise en état, certaines sont maintenant des hôtels de charme.

Suite à cette discussion, j’ai continué mes recherches et ma réflexion. Je me disais que je ne pourrais pas acheter une hacienda, il n’y en a pas au Maroc, ni un Riad, déjà prisé et relativement cher. J’ai pensé acheter une vielle ferme proche du désert et la transformer en gîte de charme…

Chez Triptel, je passais une grosse partie de mon temps sur Internet, ce boulot ne me convenait plus, j’étais déjà partie…

Les conclusions m’ont donné toutes les raisons de penser qu’il manquait des lits au Maroc, que le tourisme était en train de se développer et que l’investissement pourrait être rentable.

Forte de mon idée, j’ai rejoint Alice dans le sud de la France.

Elle m’a demandé de lui parler de mes recherches et de mes idées. J’ai plongé sans me demander ce qu’elle allait bien pouvoir penser de ce que je lui racontais. Je lui ai parlé d’ouvir un commerce au Maroc. De mon désir de quitter ce monde du travail qui ne me convenait pas. De ce qu’elle m’avait dit un jour, lorsque j’étais plus jeune : « Joe Dassin était chanteur mais avant de le devenir, son père lui avait demandé de faire des études, afin de s’assurer un bagage s’il ne perçait pas dans la chanson ». Je lui ai aussi parlé d’Ella T. qui me dit souvent « c’est bien d’avoir des idées mais encore faut-il les mettre en œuvre ! »

Et là, les pieds dans le plat, j’ai dit à Alice, tu as un peu d’argent on peut peut être faire quelque chose ? ouvrir un commerce au Maroc?

Ma mère a tout simplement répondue : « d’accord, faisons ça ». J’étais bouche bée.

Un matin suivant, alors que je dormais encore, Alice est venue s’asseoir sur mon lit, elle avait une idée…

CM.

Lire la suite: Alice raconte – Pourquoi vivre au Maroc à la retraite

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