Comment créer une entreprise au Maroc (SARL),

Lundi 02/02/09

Je suis à la Poste de Tiznit dans le grand sud Marocain, j’ai le n° 54. Derrière moi, il y a le 53, puis le 59, le 56, 49…

C’est le premier jour des étapes administratives de la SARL au Maroc Trip Designer (TD). Mon comptable m’a explique comment créer une entreprise au Maroc au préalable.

J’ai tout prévu : un bon bouquin, lecteur MP3 et ma journée ! Avec mon associée Ella T., nous avons déjà signé le bail commercial (obligatoire pour héberger la société) avec le propriétaire, rédigé les statuts en s’inspirant de ceux de l’autre société pour laquelle nous sommes aussi associées, et fait validé le tout chez un notaire.

1er étape, je dois faire enregistrer ces documents au Bureau d’Enregistrement et des Recettes de Tiznit, afin que l’administration fiscale prenne connaissance de nos activités.

J’y suis, j’attends mon tour, il n’y a que des hommes et je ne sais pas trop après qui je suis, j’attends.
Finalement, je décide que c’est mon tour. Le monsieur derrière le comptoir me demande ce que je fais là, je lui explique que je viens créer une société. « Impossible !» me répond-il. D’après lui, je serais obligée de passer par un comptable ou un fiduciaire ou un notaire pour créer une société au Maroc. Avec mon plus beau sourire, je lui explique que je suis déjà gérante associée d’une société de droit marocain et que je connais parfaitement mes droits en matière de création !
Il regarde mes documents et me demande 6 exemplaires originaux de chaque document, plus un procès verbal de l’assemblée générale constitutive, que je n’ai pas. Toujours avec le sourire, je lui réponds « ok ! ». Il me spécifie aussi de revenir le lendemain à 8h30 et de demander le chef du bureau.

Il est déjà midi, j’ai rendez vous avec mon ami Rol dans un snack pour le déjeuner. En l’attendant, je relis encore une fois les statuts. Je trouve une erreur que le notaire n’a pas vue ! Elle est de taille, il faut absolument que je la rectifie. Sms à mon associée qui est actuellement en France (elle m’a envoyé une procuration afin que je puisse créer la société sans qu’elle ne soit sur place).
Je passe au Cyber, récupère les statuts qu’elle vient de m’envoyer sur ma boîte mail, les modifie et passe chez mon comptable lui demander pourquoi le bureau de l’enregistrement veut un procès verbal.
Ce dernier m’explique qu’en fait le procès verbal sert à la nomination des gérants, ce qui dans notre cas est inutile, puisque le gérant est nominé dans les statuts. Il me signale aussi que l’employé du bureau de l’enregistrement a l’habitude de le demander bêtement, alors autant le faire si on veut que ça avance. Ok. Donc mon comptable et moi faisons l’assemblée générale et pendant qu’il tape le PV, j’envoie des sms à Ella T. pour lui expliquer l’absurdité des choses.
Ensuite, par acquis de conscience, il jette un œil aux statuts et trouve une autre erreur…

Retour au cyber, nouvelles modifications.

L’après midi étant déjà bien entamé, les administrations sont fermées, je me rends dans une papeterie pour faire toutes les photocopies demandées et je rentre. C’est derrière un verre de vin que cette première journée ce termine, je dois parapher et signer tous les documents pour mon associée et moi.

Mardi 03/02/09

Deuxième jour, levée tôt, mal dormi à cause du froid et de la pluie.

J’arrive au bureau de l’enregistrement, il est 9h environ, j’attends. Je finis par demander à voir Mr T., le chef du bureau à la secrétaire qui ne m’a jamais parlé ni même regardée, elle me demande d’attendre.

30 minutes…

Il finit par arriver et me demande les statuts de la société. « Ah ! Mais il manque la page de garde ! Il faut une page de garde avec le nom de la société, l’adresse du siège social, ainsi que le montant du capital social ! De plus, il faut que vous alliez légaliser tous les exemplaires ! ». Sourire attaché aux oreilles, je lui réponds : « Pas de problème, je reviens ».
Retour au Cyber, je tape une page de garde et l’imprime en 6 exemplaires afin de l’ajouter aux statuts déjà imprimés et je file à la commune pour faire légaliser tous mes originaux que j’ai en bien trop d’exemplaires, je le sais.

L’employé de la commune, qui commence à me connaître, me dit qu’il y a bien trop de chose à faire légaliser, il n’est pas content, il bougonne ; 6 exemplaires des statuts plus 6 PV (qui ne servent à rien) plus 3 originaux du bail commercial plus une copie ! Son chef arrive, lui aussi me connaît et pour cause, à chaque fois que nous venons faire légaliser des documents avec mon associée, ce dernier vient toujours nous demander de nous taire, ca nous fait beaucoup rire! Le chef me dit de ne pas m’inquiéter que tout va être légalisé, et me donne des formulaires à remplir pour aller plus vite.

Retour au bureau de l’enregistrement, j’attends.

Mr T. fini par me regarder et me demande de venir (il faut dire que je le regardais avec insistance tout en souriant). Il me spécifie qu’en fait seulement 5 exemplaires des statuts et du PV (qui ne sert à rien) suffiront… et, en souriant, il me dit que j’ai oublié de mettre le timbre de 20 Dh sur chaque page de chaque exemplaire de chaque document.  Sourire…

Je file au bureau de Tabac le plus proche, en espérant dans mon fort intérieur trouver ces 81 timbres en une seule fois!

Assise à la terrasse d’un café, derrière un Noss, m’a langue effleure le mauvais goût de ces timbres, dont au moins 5 pour les PV ne servent à rien…

Malgré tous ces allers retours, je reste zen et je retourne au Bureau de l’Enregistrement. Mr T. accepte enfin mon dossier ! Il est 11h 50, il me demande de revenir à 13h30 pour payer les frais d’enregistrement. A toute fin utile, je lui demande pour combien il y en a, et je m’aperçois que je n’ai pas cette somme sur moi ! Je dois faire un aller retour à Mirleft (70 Kms environ), en taxi. Ca ne s’arrête jamais!

Je me souviens d’avoir payé un travail qui n’a pas encore été fait à un ami marocain, je file donc le voir. Par chance, il a l’argent sur lui…

A 13h30, après avoir déjeuné en bouquinant pour me détendre et rester zen, je retourne au Bureau d’Enregistrement où je m’acquitte des frais. Enfin mon dossier est déposé ! L’employé de la recette me dit de revenir lundi chercher mes documents enregistrés.

Lundi 09/02/2009

14h40, je suis dans le taxi, direction le Bureau de l’Enregistrement et des Recettes. Je ne sais pas pourquoi, je demande au chauffeur si le bureau va être ouvert. Il me répond que comme toutes les administrations, il ferme à 16h.
Arrivée devant, la porte est fermée. Elle s’ouvre, je saute du taxi, je cours, le temps que je mette la main sur la poignée, j’entends la clé qui tourne à double tours !
C’est la journée continue, ils travaillent sans arrêt de 8h30 à 16h00 mais ils déjeunent de 11h50 à 13h30…

Mardi 10/02/2009

9h15, bureau de l’enregistrement. Aujourd’hui, je ne me fait pas avoir ! J’attends.

Heureusement que je me ballade avec tout le dossier « TD », le chef du bureau me demande les reçus comme quoi je me suis bien acquittée des frais d’enregistrement.
La secrétaire qui ne m’a jamais parlé ni même regardé me remet tous mes documents enregistrés. Yes !

Je savais que la prochaine étape était le tribunal, du moins c’est ce qu’on m’avait dit et que j’avais noté.

Arrivée là-bas, ne sachant à qui m’adresser, j’explique au premier guichet que je croise mon histoire de création d’entreprise. Le monsieur m’envoi vers le greffe du tribunal qui lui m’envoi au service du registre du commerce vers Mme F. qui est en grève aujourd’hui faute de moyen financier. Je dois revenir jeudi.

Je suis coincée de nouveau, il va falloir attendre 2 jours pour continuer les formalités. Du coup je passe voir mon comptable pour régler une affaire que nous avons en cour.
Dés mon arrivé, il me demande ou j’en suis avec la création de TD, je lui explique que le tribunal est en grève.
Finalement, heureusement. Il m’apprend que je dois d’abord passer au service des impôts indirects déposer un certain nombre de copies légalisés de mes documents présentement enregistrés ! Je comprends que j’ai maintenant 2 originaux de chaque document qui sont obsolètes.   À 20 Dh la page pour ne compter que les timbres, je ne veux même pas calculer l’argent que l’administration m’a fait mettre par la fenêtre !
Je retourne donc faire des photocopies et à la commune pour légalisation. En me voyant arriver, l’employé bougon veut m’envoyer à l’arrondissement, visiblement il en à marre de me voir avec tous mes documents, il me voit comme une punition !

Les impôts indirects de la ville de Tiznit, sont aussi en grève pour manque de moyen.

J’ai perdu ma matinée, alors je me décide à appeler le propriétaire de l’appartement qui fait office de siège social de la société, qui était encore en travaux lorsque nous avons décidé de le louer.
J’aurais du avoir les clés le 1er février mais les travaux n’étaient pas finis, ce à quoi je m’attendais.
Mr H. me donne rendez vous directement sur les lieux pour la remise des clés. J’entre dans un appartement plein de copeaux de bois, plein de marque de peinture sur les carreaux de la cuisine, sur les plinthes. Aux fenêtres sans barreaux comme nous l’avions demandé, mais au verre opaque ce qui nous empêche de profiter de la vue lorsque les vitres sont fermés. Et sans chauffe eau. Aujourd’hui, il a décidé que le chauffe eau c’était à nous de l’acheter et de l’installer, chose que j’ai déjà vue dans le sud marocain mais je me souviens bien d’avoir insisté sur la question du chauffe eau lors de la signature du contrat, après relecture de ce dernier, je comprends que je suis obligée d’accepter ! En ce qui concerne le ménage, je lui explique qu’il a jusqu’à vendredi pour me faire nettoyer cet appartement et j’en profite pour lui faire savoir mon mécontentement face à certaines finitions !

Jeudi 12/02/2009

J’ai dormi sur Agadir, du coup je suis arrivée sur Tiznit vers midi, tout était fermé ! Mon ami Rol ayant besoin de discuter, j’ai mis ma journée entre parenthèses.

Vendredi 13/02/2009

Lorsque j’avais vu le comptable mardi, il m’avait donné un formulaire à remplir, et je lui avais demandé si je pouvais repasser le voir une fois le formulaire rempli par mes soins, afin qu’il le vérifie.
Impossible de rencontrer Mr Z. aujourd’hui, je file donc directement aux impôts indirects, sans relecture.
Comme me l’avait indiqué ce dernier, je demande à voir Mr R., qui m’emmène dans un autre bureau. On me demande mes papiers, on me fait asseoir et attendre. Pas plus de 3 minutes plus tard, l’employé de bureau en face de moi me sort la patente… je n’en reviens pas ! Le vendredi 13 me porterait-il chance cette année ?!

J’ai maintenant besoin d’ouvrir un compte provisoire sur lequel je vais libérer ¼ du capital social de la société comme le veut la loi. Une fois ce compte ouvert, je recevrai une attestation de blocage des fonds.
A la banque, un employé m’oriente vers le service juridique. Malheureusement, nous sommes vendredi, jour de prière, et le service juridique est déjà en week-end. Il est 13h, je rentre à Mirleft.

Mardi 17/02/2009

Ce matin, je vérifie une nouvelle fois tous mes papiers (je commence à avoir beaucoup de photocopies de photocopies, une chatte n’y retrouverait pas ses petits) et je m’aperçois qu’il me manque encore une copie. Je me rends à la première téléboutique sur mon chemin (il y en a partout au Maroc, on peut téléphoner, faire des copies, recharger son mobile, il faut avouer quelles sont bien pratiques). La photocopieuse fait de drôle de bruit, je me demande d’où elle vient, est-ce quelqu’un de la famille en France qui l’a envoyé par le bus, ou tout simplement emmené par camion lors d’un de ses voyages… ?

Je retourne à la commune légaliser mes dernières copies et je me rends à la banque. Il est 10h30, j’attends. La personne du service juridique, qui doit vérifier la conformité de l’ensemble de mes documents, n’est pas encore  arrivée.
… J’attends …
…Marre d’attendre, je vais boire un café.

Durant le week-end, j’ai récupéré l’appartement (siège de la société), qui était un peu plus propre que lorsque je l’ai visité la semaine dernière.

Cet appartement est composé d’une grande cuisine, de deux chambres à l’américaine et d’une grande pièce, où nous allons installer nos bureaux.

Je vis à Mirleft depuis maintenant deux ans et demi. C’est un village d’environ 8.000 habitants où tout le monde se connaît, et connaît les faits et gestes de chacun. Il est très sympa d’y venir en vacances mais j’avoue qu’au bout de deux ans, les milieux urbains me manquent un peu. J’ai donc décidé de m’installer au siège de la société TD à Tiznit.

C’est là que commence toute ma galère. Je n’ai pas de voiture, et pourtant il va bien falloir que je déménage. J’ai demandé à mon chef cuisinier de me recruter 2 jeunes de Mirleft pour porter mes cartons, et de me louer un pick-up pour le trajet Mirleft – Tiznit. Le déménagement est prévu pour demain … mes cartons ne sont pas tout à fait prêts…

A la banque, personne n’arrive, je me décide donc à aller chez Maroc Telecom faire mon transfert de ligne téléphonique et adsl.
Ma ligne à Mirleft est au nom de mon autre société… L’appartement de Tiznit est au nom de la nouvelle société que nous créons. Il me faut donc faire une cession de ligne avant de faire le transfert.

Lors de la création de ma première SARL, j’avais été interloquée lorsqu’on nous avait demandé le tampon de la société. Venant d’Europe, cela nous avait paru archaïque. Mais au Maroc, par expérience, une société ne peut survivre sans son tampon. Il est à tel point demandé que j’ai un double en permanence dans mon sac à main.

Pour TD, on ne me l’avait pas encore demandé et je m’en étonnais, Maroc Telecom était là pour me rappeler que j’en avais besoin. Je ne peux ni céder, ni transférer la ligne sans le tampon de la nouvelle société.
Je saute dans un taxi, je vais chez mon imprimeur, commande deux tampons et retourne à la banque.

Le chef du service juridique est arrivé, il est midi. Sans même me demander un papier, il me renvoie vers le guichetier qui m’avait demandé de l’attendre, en me mentionnant qu’avant tout, il fallait que ce dernier m’ouvre le compte provisoire.

J’ai attendu tout ce temps pour rien. Depuis le vendredi, le guichetier aurait pu procéder à l’ouverture du compte.

Résultat, je fais la queue au guichet… et j’ai mon déménagement demain…

Le compte ouvert, je me présente de nouveau au service juridique. J’attends. Il me reçoit, je lui remets les papiers attestant de l’ouverture du compte et de la création de la société. Il me fait attendre. Je le vois fouiller, chercher quelque chose, puis il finit par m’annoncer qu’il ne retrouve pas l’exemplaire type de l’attestation de blocage des fonds qu’il doit me remettre.
Est-ce que je peux revenir demain ?

Je suis zen…et quand-même un peu pressée avec mes cartons !

Mercredi 18/02/2009

Déménagement.

2 pick-up, 4 mecs et l’affaire est dans le sac !
Le chef cuisinier, Arkai, de notre affaire à Mirleft, a décidé qu’il ferait lui-même le déménagement avec un autre de mes employés pendant leur pause (ils veulent gagner un peu d’argent).
Arkai s’impose donc en chef des opérations. En deux temps trois mouvements, telle une tornade, ils ont vidé mon appartement de Mirleft. Même la poubelle de bureau, que je n’avais pas eu le temps de vider, est partie pleine !

Je les regarde remplir les pick-up en me faisant la réflexion suivante : à chaque fois que j’ai déménagé, nous mettions en premier les meubles, ensuite les cartons. Eux, ils ont rentré d’abord tous les cartons et les petites choses, pour ensuite mettre le sommier de mon lit, puis par-dessus les tables … à la marocaine, mais pas idiot finalement.
Arrivés à Tiznit, je n’ai rien à faire, si ce n’est leur dire dans quelles pièces ils doivent déposer meubles et cartons.
Mon lit mesure un mètre 90 sur un mètre 80, il ne passe pas dans les escaliers. Ils me proposent de le laisser dans le couloir du bas et de faire appel à un menuisier. Je rappelle à Arkai que ça fait une semaine que je lui parle de la taille de mon lit, et que ça fait une semaine qu’il me répond qu’il n’y aura pas de problème ! Finalement, nous décidons d’enlever le cadre qui fait le tour du sommier, ce dernier est envoyé chez le menuisier le plus proche pour être coupé en deux.  Une fois fait, le lit est monté dans ma chambre, il ne me reste qu’à remettre le cadre autour pour tenir les deux pièces. En quelques heures, mon grand lit qui représentait une véritable galère à déménager est devenu un objet démontable très pratique.

C’est la première fois que je fais un déménagement de façon aussi confortable et si peu onéreuse.

Le propriétaire, qui a débarqué lorsque nous sommes arrivés en pick-up, n’en revient pas de notre organisation. Pris au dépourvu, il m’informe qu’il n’y a pas d’électricité, mais que ce n’est pas de sa faute.
Je suis tellement contente d’être là que je reste zen. De toute façon j’ai des bougies, ce soir j’irai dîner dehors, et demain il fera jour…

A ce moment-là, je ne sais pas encore la nuit que je vais passer…

Jeudi 19/02/09

Je me suis endormie très tard, hier…

Après avoir dîné dehors, j’avais envie de m’installer un peu. Je me suis donc occupée de la chambre, de la cuisine et enfin du bureau. Ensuite, ma table de bureau étant en cours de rénovation (ça faisait plusieurs jours que je la ponçais, mais je n’avais pas trouvé le temps de la peindre), à la bougie, dans une ambiance plutôt feutrée, je me suis mise à la peinture, à l’aise dans mon nouveau chez moi, siège de la société.
Mon ami Yanes m’avait dit une fois: « ce qu’il y a de marrant avec toi, c’est que tu ne travailles pas de chez toi, tu vis toujours à ton travail ! ».

Et j’ai une famille marocaine à l’étage inférieur… Les parents et leurs deux enfants, dans les 6   ou 7 ans. Les enfants passent leur temps à brailler, à tel point que je me disais qu’une cuillère de théralène ne leur ferait pas de mal ! Mais ils ont surtout une mère qui passe son temps à leur hurler dessus.
J’étais zen, je suis donc restée chez moi sans rien dire, pensant que c’était peut-être exceptionnel.

Vers 23h, le père est rentré. Comme j’étais à la fenêtre, je lui ai demandé si sa femme avait un problème, en lui expliquant que j’entendais des hurlements.  Il m’a répondu : « Oui, les enfants !, je vais les calmer ». Au bout d’une heure, les hurlements s’étaient effectivement éteints, même si parfois j’entendais encore des pleurs. Par contre, la musique à été mise en route. Comme un fait exprès, le son montait et descendait, et ce jusqu’à plus de 2 heures du matin.
Ne voulant pas réagir, j’ai mis mes boules Quies, en me disant :« si vous voulez m’énerver, ce soir vous n’y arriverez pas ».

Je me demande s’il voulait me tester… Ou voulait-il me montrer que c’est lui qui fait la loi ? Ou peut-être que ce n’était effectivement qu’exceptionnel…
Je n’en saurai rien, d’autant plus que je n’ai pas eu de nouveau l’occasion de dormir là-bas depuis !

Ma nuit à été agitée, mais je n’en suis pas moins en forme pour autant.
Je dois me rendre au tribunal ce matin pour obtenir le registre du commerce, avant-dernière étape.
Je me rends cependant au préalable chez le comptable, qui m’avait indiqué de passer chez lui avec le certificat de blocage des fonds.
En effet, il me donne tous les formulaires dont je vais avoir besoin au tribunal. Une déclaration de conformité des documents, un certificat de dépôt des documents, une déclaration d’immatriculation au registre du commerce, et un certificat d’immatriculation au RC. Comme il est gentil, il me propose de me remplir tous les formulaires et de me les imprimer.
J’en profite pour aller récupérer mes tampons et je retourne chez Maroc Telecom pour la cession et le transfert de ligne.

Vers 11h, les documents sont prêts, je dois retourner une nouvelle fois à la commune les faire légaliser, puis direction le tribunal, voir Mme F. Dès mon arrivée, je lui montre tous mes documents, je suis perdue dans toutes ces copies conformes, photocopies, originaux, je ne sais plus du tout où j’en suis. Très aimable, elle m’aide à constituer le dossier, me demande de passer à la caisse payer les frais de dépôt et d’attendre.
Je n’ai pas envie d’attendre, je lui demande si je peux venir demain.

Vendredi 20/02/2009

Mes formalités sont quasi finies, Mr Z., mon comptable, me propose de rédiger l’annonce pour le journal officiel, obligatoire au Maroc comme en France. Je refuse. En cherchant sur le net comment rédiger cette annonce, j’ai compris aussi que le nombre de mots avait son importance. A y regarder de plus près, l’annonce officielle écrite par notre notaire lors de la création de notre première société aurait pu nous coûter moitié moins cher. Je me rattrape donc sur Trip Designer, en rédigeant moi-même une annonce légale digne de ce prix.

Conclusion, nous avons créé nous-même la SARL Trip Designer, ça nous a pris un peu de temps, mais ce n’était pas infaisable, et finalement peu onéreux.

Pour l’anecdote : Je suis restée une semaine sans électricité au siège de la société Trip Designer nouvellement créée. Lors de la signature du bail, le propriétaire m’avait demandé 3 mois de loyer d’avance. Le lendemain de mon installation, qui a accusé 20 jours de retard par sa faute, il s’est envolé en France sans s’occuper d’installer l’électricité…

Texte écrit par CM lors de ses attentes dans les différents services administratifs

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6 Responses to Comment créer une entreprise au Maroc (SARL),

  1. Saïsaï 23 octobre 2014 at 8 h 27 min #

    Bonjour, salamalikoum à tous

    Je suis admiratif du parcours ou plutôt de cette aventure !!! j ‘espère qu’aujourd’hui votre projet et aboutis car vous le mérité bien. j’espère entreprendre le même voyage dans le futur car je suis franco marocain et j’envisage de m’établir dans le pays de mes parents un retour aux sources quoi ;). Un grand BRAVO à Christine et Alice 2 femmes courageuses qui n’ont pas froid aux yeux belle leçon de vie. D’ici là je compte bien venir vous rendre visite car mon père et originaire de cette région tiznit ait baamrane inchallah !!!!

  2. Azi 28 août 2014 at 13 h 19 min #

    Bonjour je vien de lire votre récit , tout d abord merci et quelle preuve de courage et de motivation j aimerai connaître la suite moi aussi je désir m installer au Maroc car je trouve ce pays en plein mouvement et très consomateur c sûre il faut s adapter au système le contact et rapide et les gens chaleureux mais comme partout il y’a des bon et mauvais partout je pense que c le moment ou jamais de faire quelque chose au Maroc vous souhaitent bonne centunuation

  3. danifni 14 février 2014 at 15 h 16 min #

    sans atteindre ces sommets,j’ai vécu des expériences comparables pour le titre de propriété de la maison et tout simplement pour l’obtention du permis de conduire marocain

    nous français cherchons à tout faire nous mêmes compte tenu de la relative simplicité des formalités administratives en france et du coût prohibitif des honoraires d’expert comptable,avocats ou autres conseillers juridiques
    à mon avis au maroc,il faut raisonner différemment et tout confier à des intermédiaires (comptables,fonctionnaires..;) qui connaissent les rouages et surtout qui connaissent les personnes des administrations diverses
    à moins bien sûr de vouloir connaître les expériences passionnantes que vous décrivez

    en ce qui concerne la maison,la cohabitation avec les familles marocaines est certes bruyante mais très vivante et sympa,mais il faut évidemment s’adapter au rythme et aux horaires

    pour mirleft,et surtout la communauté étrangère de mirleft,je comprends votre envie de vous échapper;je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi vous n’avez jamais redormi à tiznit dans votre grand lit

    parenthèse: lapsus sans doute révélateur,dans une maison,au bas des murs ce sont des « plinthes » et non des « plaintes »

    pour finir,on mange bien chez vous,en passant vite à mirleft

    • carolyn 17 février 2014 at 16 h 12 min #

      😉

  4. Babacool 18 octobre 2013 at 18 h 10 min #

    Merci pour ton récit hyper utile pour ceux qui se sont habitués aux procédures simples et rapides en France. Sans la patience dans ce genre de pays, la crise de nerfs est inévitable. Je te souhaite une bonne réussite a ton projet et Bravo pour être reste Zen…

  5. Mustapha 28 septembre 2013 at 13 h 11 min #

    Passionnant ! Trépidant ! Merci pour ce récit, au demeurant très instructif, et bravo pour votre persévérance et votre patience ! Bonne chance pour votre business…

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